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Fictions-Duane-Michals-Arthur-Tress-Juliette-Bates14
Une photographie de Juliette Bates
Zénon ! Cruel Zénon ! Zénon d’Elée !
M’as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas !
Le son m’enfante et la flèche me tue !
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l’âme, Achille immobile à grands pas!
Paul Valéry  Le cimetière marin
Merci à Sébastien Hubert.

agata

Une photographie d’Antoine d’Agata

Pans de mur et sol carrelé clôturent l’espace d’une chambre. On y plonge du regard.

Sur le lit étiré en trapèze par le dérèglement de tous les sens comme de l’objectif, gît une figure à la Francis Bacon, deux corps-sans-organes si l’on désire.

On devine malgré l’effet de flou qu’ils décrivent un soixante-neuf. Pourtant cela reste anecdotique : la scène tient du théâtre de la cruauté, performance qui voudrait abolir l’obscénité.

Dans cet instantané, A.G. tourne le dos à toute forme d’idéal pour condenser un temps dissolu. On y voit, c’est selon, une impasse ou une issue.

Dominique Ristori

Les gestes, les attitudes, le sourire, la voix, le regard de ces jeunes femmes subirent peu à peu une étonnante métamorphose : leurs yeux bleus s’assombrirent, leur sourire s’éteignit sur des lèvres devenues soudain pâles et coupantes, leur voix se fit profonde et âpre, leurs gestes, langoureux quelques instants plus tôt, se brisèrent, leurs bras charnus durcirent, devinrent de bois, comme il arrive à une branche arrachée par le vent, qui, à mesure que sa lymphe vitale tarit, perd son éclat vert, le brillant de son écorce, la tendreté de sa nature arborescente, et finit dure et âpre. Mais ce qui dans l’arbre se fait peu à peu, chez ces jeunes femmes se produisit en quelques instants. Lanza et Ridomi éprouvèrent devant elles la même épouvante qu’Apollon devant Daphné, se transformant en laurier. En quelques instants ces filles si blondes et suaves se changèrent en homme. C’étaient des hommes.

Curzio Malaparte

a flor do mar

Un film de Joao César Monteiro

Cette forme noire n’est en fin de compte ni reflet spéculaire, ni ombre. Elle n’est pas la projection du volume mais l’image négative du volume, son néant et son modèle tout ensemble. Elle est la matrice négative d’où va se libérer la forme.

Victor I. Stoichita, Brève histoire de l’ombre

Panneau-masque de l’Origine du mondeAndré Masson

Vrai ou faux, j’aime ce passage du marbre à l’humus, de l’humus au règne végétal, et du règne végétal au règne animal, à la chair.

Denis Diderot, Le rêve de d’Alembert